Comment fonctionne un routeur solaire
Un guide pratique pour comprendre avant de choisir le bon routeur solaire.
Un routeur solaire sert à utiliser automatiquement le surplus d’une installation photovoltaïque. Quand les panneaux produisent plus que la maison ne consomme, le routeur détecte cette énergie disponible et l’envoie vers une charge utile, le plus souvent un chauffe-eau.
Le but n’est pas de produire plus d’électricité. Le but est de mieux utiliser ce qui est déjà produit.
Le problème : le surplus solaire part au réseau
En journée, les panneaux photovoltaïques peuvent produire plus que les appareils de la maison ne consomment. Cette différence est le surplus. Sans routeur, ce surplus est injecté vers le réseau.
Selon le contrat, cette injection peut être peu rémunérée, non valorisée, ou simplement moins intéressante que l’énergie autoconsommée. C’est là que le routeur solaire devient utile.
Le principe du routage
- Les panneaux produisent de l’énergie.
- La maison consomme d’abord ce dont elle a besoin.
- Le routeur mesure s’il reste du surplus.
- Il envoie ce surplus vers une charge résistive.
- Il ajuste la puissance pour rester au plus près de zéro injection.
Par exemple, si le chauffe-eau possède une résistance de 3000 W mais que le surplus disponible n’est que de 800 W, le routeur ne doit pas forcément envoyer 3000 W. Il peut moduler la puissance pour utiliser environ 800 W, sans faire acheter le complément au réseau.
Pourquoi le chauffe-eau est souvent la meilleure charge
Un chauffe-eau électrique est une charge résistive. C’est exactement le type d’appareil qu’un routeur solaire peut piloter efficacement. L’énergie envoyée n’est pas perdue : elle est stockée sous forme de chaleur dans le ballon.
- Le besoin d’eau chaude est régulier.
- Le ballon peut stocker plusieurs kWh sous forme thermique.
- Le thermostat d’origine coupe toujours à la température prévue.
- L’énergie solaire remplace une partie de l’énergie achetée.
La mesure est essentielle
Un routeur ne peut pas deviner le surplus. Il doit mesurer ce qui entre ou sort de la maison. Selon les installations, cette mesure peut venir d’une sonde, du Linky, d’un Shelly ou d’un autre système.
Plus la mesure est rapide et cohérente avec le câblage, plus le routeur peut ajuster correctement sa puissance. C’est pour cela que le choix du capteur et son emplacement sont aussi importants que le boîtier lui-même.
Le routeur ne force pas le chauffe-eau n’importe comment
Le thermostat du chauffe-eau reste indispensable. C’est lui qui garde le dernier mot sur la température de l’eau. Le routeur apporte l’énergie disponible, mais il ne doit pas supprimer les sécurités existantes.
Le bon branchement dépend donc du type de chauffe-eau : thermostat mécanique, thermostat électronique, ACI, contacteur jour/nuit, tableau proche ou éloigné du ballon.
Ce qu’un bon routeur doit réussir
- Mesurer correctement le surplus.
- Réagir assez vite pour suivre les variations de production et de consommation.
- Piloter une charge puissante sans fragilité électrique.
- Conserver les sécurités du chauffe-eau.
- Rester compréhensible et maintenable dans le temps.
C’est pour cela que le choix des composants compte autant que le logiciel. Un routeur solaire travaille avec du 230 V et peut piloter plusieurs milliers de watts : le montage doit être sérieux.
